😍 TROIS RÈGLES AVANT DE RÉPONDRE:
1. Accueillir avant de rassurer. Une peur qu’on
cherche à faire disparaître trop vite se cache, elle ne s’en va
pas. Il est nécessaire d'exprimer ses émotions, et de les accueillir .
2. Court vaut mieux que long. Un enfant inquiet
n’a pas les ressources d’attention pour un discours. Une phrase,
puis le silence. Des mots justes, bien choisis ...
3. Ton corps parle plus fort que tes mots. S’il
te sent tendu, aucune formule ne compensera. Être au clair avec ses propres émotions ...
💝 AVANT LA RENTRÉE : ouvrir voire même provoquer le dialogue. Car se taire empêche l'expression des émotions ...et entretient l'inquiétude .
PHRASE 1 « Tu as le droit d’avoir peur. » C’est
la phrase qui débloque tout le reste. Tant qu’un enfant croit que
sa peur est un défaut, il la cache — y compris à toi. En la
déclarant légitime, tu la sors de la honte et tu la rends
discutable.
PHRASE 2 « Si tu devais choisir une seule chose qui
t’inquiète, ce serait laquelle ? » « L’école » est une
peur trop grosse pour être traitée. En le forçant doucement à
choisir, tu la réduis à quelque chose de concret : la cantine, les
toilettes, ne trouver personne à la récré, une maîtresse qui
crie, ne pas avoir de copains, les nouveaux professeurs , le bus .... Ces peurs-là, presque toutes, ont une solution.
PHRASE 3 « Raconte-moi comment tu imagines le premier
matin. » Les enfants se fabriquent un film intérieur de la
rentrée, souvent bien plus catastrophique que la réalité. Tant
qu’il reste dans sa tête, il tourne en boucle. Dit à voix haute,
il devient une histoire qu’on peut examiner ensemble — et
corriger là où c’est faux.
PHRASE 4 « Et si ça arrive vraiment, qu’est-ce que
tu pourrais faire ? » La phrase la plus puissante de la liste.
Ce n’est pas d’être rassuré qui apaise durablement un enfant,
c’est de se sentir capable d’agir. S’il ne trouve pas seul,
proposez deux options et laisse-le choisir : c’est lui qui doit
repartir avec le plan, pas toi.
PHRASE 5 « Moi aussi j’ai eu peur, à mon époque.
Voilà ce qui m’avait aidé. » Deux effets en une phrase : sa
peur devient normale, et elle devient surmontable puisque quelqu’un
s’en est sorti. Attention à la dose, en revanche — quelques
phrases, au passé, avec une issue positive. Le souvenir doit rester
un cadeau, pas un déversoir.
PHRASE 6 « Tu n’es pas obligé de m’en parler
maintenant. Je suis là quand tu voudras. » Certains enfants ne
parlent pas sur demande. Ils parlent dans le bain, dans la voiture,
ou trois minutes après l’extinction de la lumière. Cette phrase
laisse la porte entrouverte sans forcer l’entrée — et elle lui
montre que tu peux supporter son silence. Les ados n'aiment pas être questionnés ...c'est souvent en partageant une activité que le dialogue peut s'installer ou en ayant une réflexion habile ! Qu'il sache de toute façon que vous êtes toujours prêt-e-s à l'écouter .
💝 Le matin du jour J : cadrer, puis partir
PHRASE 7 « Ça va peut-être te faire tout drôle au
début. C’est normal, c’est l’effet nouveauté avant de
s’habituer. » Laisser la place à la nouveauté avec sérénité . « C'est nouveau, c'est normal, je vais m'habituer » Une prédiction honnête vaut mieux qu’une
promesse. Si tu lui annonces que tout ira bien et qu’il pleure à
8h35, ta parole perd sa valeur. Si tu lui as dit que ce serait
bizarre au début, alors quand c’est bizarre, il se dit : mon
parent avait raison, donc la suite aussi. LES HABITUDES RASSURENT ET LA NOUVEAUTÉ ANGOISSE...
PHRASE 8 / pour les plus jeunes : « Je te laisse ici, et je reviens exactement
ici, à 16h30 et on fera notre rituel de retrouvaille ! » Un
lieu précis, une heure précise. C’est la phrase qui remplace
l’inconnu par du prévisible — et c’est le rituel de séparation
à lui seul. Dis-la toujours de la même façon, fais ton geste
habituel, puis pars vraiment. Un au revoir qui s’étire ne rassure
pas : il confirme à l’enfant que la situation est assez grave pour
que son parent hésite à s’en aller.
Au lieu de : « Bon, allez… encore un câlin et j’y
vais, promis. » — Le troisième câlin annule les deux premiers.
Et avec les ados ...s'il prend le bus ou rentre par ses propres moyens « tu m'envoies un message quand tu es rentré » et prévoir des retrouvailles sympas à la maison à votre retour... Qu'il sache que vous serez toujours à son écoute . « Tu peux m'appeler quand tu as besoin , je serai toujours là pour toi »
💝 Le soir : accueillir sans interroger
PHRASE 9 « Je suis content.e de te revoir ! » (puis
dix minutes sans aucune question) Tu meurs d’envie de savoir.
Lui n’a plus d’énergie pour raconter et organiser ses pensées :
il a passé la journée à se contenir ses émotions et à essayer de
se conformer. C’est d’ailleurs pour ça qu’il peut sortir de
l’école en larmes ou d’une humeur épouvantable alors que tout
s’est bien passé — il relâche devant la seule personne devant
qui c’est sans risque. Un goûter, le trajet, du silence. Les mots
viendront plus tard.
Être patient et attendre qu'il ait envie de s'exprimer car le harceler de questions est voué à l'échec !!
PHRASE 10 « Tu avais peur, et tu y es allé quand même.
Quel courage !tu peux être fier de toi ... » La phrase qui transforme une journée difficile
en ressource pour toute l’année. Elle nomme un effort réel plutôt
qu’un résultat, et elle installe une définition du courage qui
n’exige pas l’absence de peur. C’est cette expérience-là —
pas les paroles rassurantes — qui construira sa confiance pour les
rentrées suivantes.
💝 Les phrases qui trahissent nos peurs (et pas les
siennes)
Certaines formules sortent toutes seules. Elles sont
bienveillantes, personne ne nous en voudra de les dire — mais si tu
les écoutes attentivement, elles servent surtout à apaiser notre
propre inquiétude.
| Ce qu’on dit |
Ce que ça lui fait |
| « Ne t’inquiète pas. » |
Personne ne cesse de s’inquiéter sur ordre. Il en conclut qu’il ne devrait pas ressentir ce qu’il ressent. |
| « Sois courageux. » |
Transforme sa peur en défaut de caractère, alors qu’elle est une réaction physiologique normale. |
| « Tu as encore eu peur aujourd’hui ? » |
Réactive chaque soir une inquiétude qui commençait à s’éteindre, et lui signale que tu t’attends à ce qu’elle revienne. |
| « Il est très angoissé en ce moment. »(devant lui, au portail) |
Lui colle une étiquette dont il aura du mal à sortir. Il entend tout, même en jouant trois mètres plus loin. |
| « Si quelqu’un t’embête, tu me le dis et je monte voir la directrice. » |
Annonce un danger auquel il ne pensait pas, et lui apprend que la solution vient de toi, pas de lui. |
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💖 Avant les mots : ton propre état
Les enfants lisent notre état interne bien avant nos paroles : le
débit de la voix, la mâchoire, la main un peu trop serrée. Dans
une situation nouvelle, ton enfant cherche ton visage pour savoir si
c’est sûr. Aucune des dix phrases ne fonctionnera si ton corps dit
le contraire.
Trie ce qui t’appartient. Cette boule au
ventre, c’est la sienne ou la mienne ? Tes souvenirs d’école,
ta peur du jugement des autres parents, le conflit de l’an dernier
— c’est légitime, mais ça n’a pas à voyager dans son
cartable.
Pars vingt minutes plus tôt. La
précipitation du matin est le premier amplificateur de stress, et
le plus évitable. Un parent qui court envoie un message d’urgence
que l’enfant traduit en danger.
Trois respirations lentes avant d’ouvrir la
portière. Et une phrase pour toi seul : « Je ne peux pas lui
éviter cette peur. Je peux l’accompagner dedans. »
Et si le premier matin te retourne — si tu pleures dans la
voiture après l’avoir déposé — ce n’est pas un problème à
régler. C’est un lien qui existe. Tu as le droit d’être remué
par une rentrée, exactement comme lui.
💞 POURQUOI CES PHRASES-LÀ FONCTIONNENT??
Face à une situation perçue comme menaçante,
l’amygdale déclenche la réponse de stress : le cœur accélère,
le ventre se noue, l’attention se rétrécit. Pendant ce temps, le
cortex préfrontal — la zone du raisonnement et de la mise en
perspective, encore en construction chez l’enfant — perd de son
efficacité. C’est pour cette raison qu’un argument logique («
mais tu y es déjà allé l’an dernier ! ») ne fonctionne presque
jamais sur une peur : la partie du cerveau capable de l’entendre
est justement hors ligne.
Le psychiatre Daniel Siegel a résumé la voie qui marche
: mettre des mots sur ce qu’on ressent réduit l’activation de
l’amygdale. C’est le rôle des phrases 1 à 3.
Quant aux phrases 4, 7 et 8, elles s’attaquent à deux
des quatre déclencheurs de stress identifiés par la
neuroscientifique Sonia Lupien : le sentiment de contrôle faible
et l’imprévisibilité. Donner un plan et une heure précise,
ce n’est pas du détail : c’est retirer deux ingrédients de la
recette du stress.
💖 Quand les mots ne suffisent plus
Une appréhension de rentrée s’atténue en général en une à
trois semaines. Certains signaux méritent d’être partagés avec
un professionnel — médecin traitant, psychologue scolaire,
psychologue de l’enfant : des maux de ventre ou vomissements
présents les matins d’école et absents le week-end ; un refus
d’aller à l’école qui s’aggrave après trois semaines au lieu
de s’atténuer ; des troubles du sommeil ou de l’appétit qui
s’installent ; un repli marqué ; des propos évoquant des
moqueries ou une mise à l’écart répétée.
Demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec. C’est
l’application exacte de ce que tu enseignes à ton enfant : quand
c’est trop lourd, on ne porte pas tout seul.
POUR L’AIDER À TROUVER SES PROPRES MOTS : Nommer
l’émotion est le premier geste d’apaisement — encore faut-il
avoir le vocabulaire. Sur ce blog , en tapant le mot "ÉMOTIONS " dans recherche , vous trouverez une réflexion qui vous donnera des outils pour accueillir les émotions.
👫 Restez vigilant : Un temps d'adaptation variable selon les enfants est obligatoire .
Trois semaines au moins peuvent être nécessaires pour trouver ses
marques, quelques fois plus . S'il s'agit par exemple d'un grand anxieux
qui dépense une telle énergie pour s'adapter qu'il en sort fragilisé . Les vacances de la Toussaint représentent la limite optimale ...alors tout doit être mis en place .
Il y a les résistants à la nouveauté qui se sentent "paniqués " , les
profils perfectionnistes qui souffrent d'une anxiété de performance et
ne supportent pas de tromper, ceux qui gardent une trace d'angoisse de
séparation . « Ils sont contents de retrouver leurs pairs ( " Surtout
lâche -moi loin du collège " ) mais dans leur tête ils sont immatures et
se posent un tas de questions : "comment ça va se passer ? " " est-ce
que je vais être interrogé aujourd'hui ? " ...cette peur de
l'incertitude remonte à l'enfance.
Vers
8/9 ans , l'enfant acquiert en principe le raisonnement logico-déductif
. Il commence à penser par lui-même , à faire des hypothèses grâce à
ses expériences de vie. S'il a été "couvé " ou insuffisamment sécurisé,
il va se "cramponner " à ce qu'il sait déjà . Il suffit qu'il tombe sur
un enseignant qui l'oblige à réfléchir pour qu'il se retrouve en grande
difficulté . Ce sont des élèves qui investissent généralement en classe
de 4e des matières ne sollicitant pas le sens de l'abstraction, comme
l'EPS, Les arts plastiques , la technologie...
Le bon réflexe : soyez
attentif à cette période d'adaptation , à la mise en place des repères ,
toute ceci constitue les bases de son année scolaire, voire même de sa
scolarité . Soyez attentif aux changements de comportements qui peuvent
révéler un mal être, aux langages du corps " somatisations " maux de
ventre, insomnies, vomissements, maux de tête , signes que votre écolier
ne va pas bien . Sans être intrusifs, favorisez le dialogue . Votre
enfant doit sentir que vous êtes à ses côtés pour que tout se passe au
mieux. Bien sûr participez aux réunions de parents , parents
-professeurs, montrez votre intérêt pour la vie de l'établissement
scolaire.
AYEZ TOUJOURS À L'ESPRIT QUE VOUS ÊTES L'EXEMPLE !
VOTRE ATTITUDE EST DÉTERMINANTE :
SI VOUS ÊTES CONFIANT.E.S , VOTRE ENFANT LE SERA !
BONNE RENTRÉE À TOUS!
ET ON PENSE DÉJÀ AUX FUTURES VACANCES ...