FRAMBOISE ...ET SES FILS ROUGES ! / vidéo créée par Yoan Delcey-guy auteur, élève de Framboise


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Post du mois à lire , après la présentation des petits livres rouges !

Les mots, plutôt que les maux !

Bienvenue dans l'univers des petits livres rouges de FRAMBOISE !

Des petits livres rouges pour « parler vrai »...
Ils racontent l'histoire vécue par un enfant
Ils parlent de la vie - naissance, secrets de famille, séparation , divorce, maladie, mort, identité, déménagement, jalousie...
Ils sont des outils de communication
Ils offrent des pistes de réflexion
Ils interpellent nos émotions.

Ils s'adressent à TOUS, petits ou grands, QUEL QUE SOIT L'ÂGE, aux enfants, aux adolescents, aux adultes.
Ils parlent à chacun de nous, à l'enfant que nous avons été, bien caché à l'ombre de l'adulte que nous sommes devenus
« notre enfant intérieur ».

Je vous invite à découvrir la collection ci- après

FRANÇOISE POULET alias FRAMBOISE



Ce 8e petit livre rouge ...

Ce 8e petit livre rouge ...parle d'un évènement douloureux: les violences sexuelles faites aux enfants. Près d'un enfant sur cinq est victime de violence ou d'abus sexuels. Vous pouvez empêcher que cela arrive à votre enfant : la clé est de bien communiquer avec lui, de PARLER VRAI dans un climat de confiance. La sexualité est encore un sujet tabou. Si aborder ce sujet avec votre enfant vous embarrasse, ce petit livre vous sera utile ...car il vous offre des clés pour apprendre à l'enfant à se protéger et à oser dire « NON ! ». Il s'adresse à TOUS, petits ou grands, QUEL QUE SOIT L'ÂGE, aux enfants, aux adolescents, aux adultes.Il parle à chacun de nous, à l'enfant que nous avons été, bien caché à l'ombre de l'adulte que nous sommes devenus « notre enfant intérieur ». Les mots, plutôt que les maux !

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* Vous pouvez le commander ICI en ligne , paiement par CB . " ajouter au panier " ou adressez-moi un courrier à framboise.editions@orange.fr *Le livre sera DÉDICACÉ si vous le désirez ! Ce 8e petit livre rouge rencontre un franc succès ! MERCI POUR VOTRE CHALEUREUX ACCUEIL ET VOTRE CONFIANCE ... Bien à vous. FRAMBOISE

8. JE NE VEUX PLUS ALLER A L'ÉCOLE - THÈME : Les violences sexuelles faites aux enfants -

12 € + 1 € expédition -livraison
Si vous souhaitez une dédicace, écrivez le prénom ICI !


pour tout renseignement ( PAR EX.envoi en nombre ,édition de facture ou autre ), me contacter par tel . +33 684868770 ou par mail : framboise.editions@orange.fr
Merci !





2 .le rhume de hanche; thème : le divorce* 12€+ 1€ expédition -livraison

LE RHUME DE HANCHE - livre n°2 - THÈME : le divorce- 12€ + 1€ expédition -livraison

3. Il est perdu mon papa ; thème : la mort d'un proche * 12€ + 1€ expédition -livraison

IL EST PERDU MON PAPA - livre n°3- THÈME : la mort d'un parent -la maladie grave - CET OUVRAGE N'EST PLUS EN STOCK !

4 . MON NOM DE FAMILLE : connaître ses origines, son identité * 12€ + 1€ expédition -livraison

MON NOM DE FAMILLE - livre n°4- THÈME : l'identité, connaître ses origines - 12 € + 1 € expédition -livraison

5. La maison de papa ; thème : le déménagement * 12€ + 1€ expédition -livraison

LA MAISON DE PAPA - livre n°5- THÈME : le déménagement - 12 € + 1 € expédition-livraison

6. MAMAN METS TES LUNETTES ROSES - Thème :le cancer de l'enfant -

MAMAN METS TES LUNETTES ROSES - livre n°6 - THÈME : le cancer de l'enfant - leçon de vie face à la maladie - 12€ + 1 € expédition -livraison

7. LA PETITE SœUR ; THÈME : LA JALOUSIE DANS LA FRATRIE * 12 € +1 € EXPÉDITION -LIVRAISON

LA PETITE SœUR - livre n° 7 - THÈME : la naissance d'un enfant est une épreuve pour chacun au sein de la famille ; c'est un chamboulement pour l'aîné -assailli d'émotions diverses - relégué au second plan par le nouvel arrivant . Un nouveau regard sur la jalousie pour mieux comprendre ce qu'un enfant peut traverser.- 12 € + 1 € expédition- livraison .

1. LA PETITE FILLE QUI N'AVAIT PAS SOMMEIL ; Thème : la naissance, un secret de famille...

le premier petit livre rouge
N'EST PLUS EN STOCK ! :
" LA PETITE FILLE QUI N'AVAIT PAS SOMMEIL " THÈME : secret de famille, secret de naissance...
RÉÉDITÉ PLUSIEURS FOIS ...MAINTENANT ÉPUISÉ!

je vous l' offre en ALBUM PHOTO ou en DIAPORAMA en copiant ce lien :

https://photos.app.goo.gl/Ezh9zdDdzsGMEXkNA

ou en vidéo sur youtube


LA PETITE FILLE QUI N'AVAIT PAS SOMMEIL

JE SUIS À VOTRE ÉCOUTE...

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Après la présentation des petits livres rouges, voici le blog !



VIVE LES VACANCES !

💓 DERNIÈRE SEMAINE DE CLASSE, DERNIERS JOURS D'ÉCOLE ... 💕« Au revoir les copains ! »  💖« Merci maître ou maîtresse pour cett...

lundi 3 mai 2021

Un message essentiel d’Isabelle Filliozat pour tous les enfants...ET LES ADULTES ! A PROPOS DE LA BIENTRAITANCE...

 

En ce mois de mai rempli d'espoir 😍...je souhaite partager avec vous ce  message essentiel d’Isabelle Filliozat pour tous les enfants...ET LES ADULTES !

Le droit à la bientraitance doit être clairement énoncé, expliqué et donné aux enfants. C’est ce que fait avec brio Isabelle Filliozat dans la vidéo ci-dessous.  Elle s’adresse directement aux enfants et élèves mais le message est évidemment valable pour les adultes qui utilisent parfois certaines formes de violence pour sanctionner ou “châtier” les enfants en classe, à la maison, en public, …

La violence, les menaces et les humiliations dressent et conditionnent mais elles n’éduquent en aucun cas. Le cerveau des enfants a besoin d’empathie, d’encouragement, de bienveillance et de calme pour décrypter et mémoriser. De plus, la peur des sanctions empêche de se “connecter” ensemble car le stress et les émotions désagréables bloquent le cerveau d’en haut (Cortex orbitofrontal : siège des fonctions cérébrales supérieures qui permettent l’empathie et le raisonnement). Ce n’est pas en se sentant en danger que nous collaborons sereinement. Le danger déclenche surtout de la sidération, de l’attaque ou de la fuite.

Ajoutons qu’en infligeant des violences, nous offrons un modèle négatif à imiter… la chaine de la violence ne peut être cassée que si nous agissons en conscience et en éloignant les sources de souffrance .

Bref, cette vidéo est à partager largement et à montrer à tous les enfants.

Être traité sans violence est un droit. Un droit à respecter absolument.


 

https://youtu.be/JACT3Q3xgBc 

 

Vous recherchez des alternatives aux punitions :

 

Le fichier PDF est à télécharger ici.

 

vendredi 2 avril 2021

PHILOSOPHIE DE VIE : POURQUOI IL EST ESSENTIEL DE RACONTER AUX ENFANTS LA LÉGENDE DU COLIBRI ...UTILE AUSSI POUR LES ADULTES !

 

En ce début de printemps, je souhaite partager avec vous la légende du colibri (philosophie du mouvement Colibris co-fondé par Pierre Rabhi),  source d’inspiration pour tous ,  enfants et adultes !...Une légende bien adaptée au contexte actuel où la solidarité doit l'emporter sur l'individuel ...bien utile pour supporter les épreuves . UNE BELLE PHILOSOPHIE DE LA VIE..!

Pierre Rabhi est un essayiste, romancier, agriculteur, conférencier et écologiste français fondateur du mouvement COLIBRIS , qui accompagne citoyennes et citoyens qui agissent ensemble pour créer un mode de vie plus écologique et  solidaire dans leurs quartiers , leurs villes, leurs régions. La transformation de nos sociétés passe, selon lui , par l'action collective locale...en commençant par les enfants !

En effet, cette légende  a notamment pour vertu de leur signifier que l’altruisme et la bienveillance sont essentiels et que chacun a le potentiel de “faire sa part” pour contribuer au bien-être du plus grand nombre. Cette “part” peut paraître maigre mais il n’en est rien puisque c’est l’engagement général et la somme des actions qui importent. L’engagement est d’ailleurs encouragé par l’exemplarité.

Cette vision de la vie est favorable à l’émergence et au développement du respect mutuel, de l’estime de soi, de la persévérance, de l’intelligence relationnelle et de l’optimisme.

De plus, la conscience de ce pouvoir d’action personnel permet de trouver la force de surmonter les épreuves, de rester motivé même dans l’adversité et de dépasser la peur du jugement, à l’image du vaillant colibri de l’histoire que vous allez découvrir maintenant :

“Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Voici une version VIDÉO “ombres chinoises” avec un renard à la place du tatou (par Florian Thomas) :

https://vimeo.com/33102326  

 



Faites votre part en partageant autour de vous !

Et, côté communication, complétez le “faire sa part” avec le “faire de son mieux” pour encore plus d’effet sur le plan individuel et collectif !

 

Et si vous souhaitez jouer un rôle au sein du mouvement colibris, rendez vous sur leur site.

 

La légende du colibri en librairie et sur le web :

Le livre+CD est disponible sur cultura.com ou chez votre libraire (19€)


lundi 1 mars 2021

Prévenir l’inceste, c’est possible : si on en parle avec les enfants, mais aussi avec les parents. Isabelle Filliozat .

 


Pour répondre à cette actualité du moment,
je partage avec vous la publication d'ISABELLE FILLIOZAT du 12 Février. 

Isabelle Filliozat est une psychothérapeute française, didacticienne en psychothérapie, conférencière et auteure, " prêtresse " de la parentalité positive .

Prévenir l’inceste, c’est possible : si on en parle avec les enfants, mais aussi avec les parents.
 
Merci. Merci aux hommes et aux femmes connu.e.s et moins connu.e.s qui ont osé prendre la parole publiquement depuis un mois pour dénoncer l’inceste. Quand une personne parle, elle délie la langue d’autres autour d’elle, parce qu’elle donne une permission. Dans son livre la familia grande Camille Kouchner révèle les abus commis sur son frère jumeau. Déflagration, l’abuseur est Olivier Duhamel, un intellectuel, un politique, un grand nom. Le livre se vend. Les médias en parlent. Mais je me souviens d’Eva Thomas, la première à témoigner à visage découvert en France en 1986. Elle aussi a publié un livre Le Viol du silence (1) et a secoué les médias. Toutes les victimes prononcent les mêmes mots, tout est dit par Eva Thomas en 1986. Le public est effaré… puis il oublie. Jusqu’à la prochaine flambée médiatique. En 2021, va-t-on enfin entendre vraiment ? Cette fois, dans le même mois,
80 000 messages avec le hashtag #metooinceste déferlent sur twitter. Les réseaux sociaux offrent aux victimes une opportunité inédite de prendre la parole. Le hashtag #metoo en 2017 avait déjà donné à beaucoup le courage de parler. Une proposition de loi visant à protéger les jeunes mineurs des crimes sexuels arrive au Sénat au même moment. Elle résulte pourtant de deux ans de travaux. La synchronie est bienvenue. Les médias évoquent l’inceste, l’imprescribilité et l’âge du consentement. Quand Coline Berry-Rojtman dépose plainte contre son père, Richard Berry, elle ajoute une pierre importante à l’édifice. 
 

Josiane Balasko la soutiennent, c’est un message crucial : on peut ne pas être stoppé par la crainte de salir une réputation. La position sociale n’est plus un obstacle supplémentaire au dévoilement. Par sa temporalité, la dénonciation dépasse un scandale de la presse people. Elle maintient le sujet sur le devant de la scène. L’exposition médiatique a suffisamment secoué les politiques pour que le gouvernement se mobilise. 
 
Emmanuel Macron
annonce deux rendez-vous de dépistage et de prévention au primaire et au collège. Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance et des Familles, 
 
Adrien Taquet
, présente des propositions pour mieux réprimer l'inceste et les violences sexuelles sur les mineurs. C’est encore insuffisant, mais c’est déjà une avancée, je suis en total accord avec le Dr Muriel Salmona (
 Association Mémoire Traumatique et Victimologie
). C’est une prise de conscience. Plusieurs textes vont être examinés à l'Assemblée nationale pour renforcer les mesures sanctionnant les violences sexuelles sur les mineurs. Oui, il est important et urgent de faire évoluer la loi. Mais cela ne suffit pas. Nous sommes tous co-responsables du silence dans lequel les victimes ont été enfermées. Pourquoi les associations de victimes veulent rendre l’inceste imprescriptible ? Parce qu’il est inacceptable de ne pas pouvoir juger un crime qui a eu lieu sous le seul prétexte que la victime n’a pas porté plainte à temps. Mais si les victimes d’inceste mettent si longtemps à parler et même à se souvenir, c’est aussi que nous, leur entourage, n’avons pas favorisé leur parole. Elles ne sont pas seulement tenues au silence par leur agresseur. Toute la société participe au maintien du secret. Parler, encore aujourd’hui, ce n’est pas seulement dénoncer son père, sa mère, son oncle, c’est aller contre l’ordre social. C’est bousculer les convenances, faire désordre, faire exploser sa famille, en ternir l’honneur. Y aurait-il une si longue amnésie si l’inceste n’était pas tabou, mais un crime dont on parle ? Et puis, comment parler de ce qui n’a pas de mots pour l’être ? Sans mots on ne peut même identifier ce qui se passe. 
 
Oui, il est important d’enseigner aux enfants à dire non. Il est tout aussi important d’enseigner aux parents à respecter le corps de leur enfant. Il est important que dans toute la société et déjà à l’école, on parle davantage et librement de sexe, de désir, de plaisir, de consentement, de viol, d’inceste… 
 La fréquence même de l’inceste montre qu’il ne s’agit pas d’actes isolés de la part de quelques pervers. C’est un phénomène social massif. 2 à 3 enfants par classe, 6,7 millions de français disent avoir été abusés… Et combien l’ont été sans oser encore le dire ou même ne réalisent pas encore que les comportements d’un parent étaient inappropriés ? Faire de la prévention, ce n’est pas seulement se mettre à l’écoute et dépister les enfants abusés, c’est mener une politique visant à réduire le nombre d’abus. Et cela passe par en parler avec les parents. Parler des violences sexuelles aux enfants c’est important. Mais en parler avec les parents, c’est au moins aussi important (2). Parlons. Parlons. Parlons des gestes, des attitudes, des tentations, des risques d’abus et de comment les éviter.
 
Oui, il faut faire évoluer la loi. Mais il faut aussi que ça s’arrête, que l’inceste soit clairement inacceptable mais audible, qu’on puisse le parler, que les victimes ne portent plus la honte de détruire leur famille ou ne soient plus suspectées d’avoir aimé ça ou de l’avoir provoqué. Qu’on ne nous bassine plus avec le complexe d’Œdipe et les petites filles qui désireraient leur père. Freud a été le premier psychiatre à croire que les femmes qui racontaient avoir subi des abus sexuels dans leur enfance disaient la vérité. Son exposé sur l’« Etiologie de l’hystérie » a rencontré un silence total. La réprobation de ses collègues a fini par faire vaciller ses convictions. Dans sa correspondance avec son ami Fliess, il écrit encore :
« Malheureusement mon propre père était un de ces pervers, il est cause de l’hystérie de mon frère et de certaines de mes sœurs cadettes. La fréquence de ce type de rapport me donne souvent à réfléchir. » Nous savons maintenant qu’il était dans le vrai. Oui, les chiffres montrent que « ce type de rapport » est très fréquent. Quelques lettres plus tard il évoque sa « surprise de constater que dans chacun des cas, il fallait accuser le père de perversion, le mien non exclu [...] alors qu’une telle généralisation des actes commis envers les enfants semblait peu croyable. ». Mis au ban par ses pairs, influencé par Fliess (lequel a agressé sexuellement son fils), Freud doute. Et puis il y a la nuit qui a suivi l’enterrement de son père, Freud a fait un rêve au sein duquel une pancarte : « On est prié de fermer les yeux ». Et Sigmund Freud a fermé les yeux sur la réalité de l’inceste. Il s’est rétracté publiquement, a abandonné la théorie de la séduction qui énonçait : la névrose est le résultat du traumatisme de la séduction de l’enfant par un adulte proche, au profit de la théorie des pulsions et du complexe d’Œdipe : L’enfant nait avec des pulsions, il a des prédispositions perverses polymorphes, éprouve inconsciemment du désir pour son parent du sexe opposé et de l’hostilité envers le parent du même sexe. Ce n’est plus le parent qui est pervers, mais l’enfant. Le complexe d’Œdipe est considéré comme un fondement de la psychanalyse. En témoignent ces mots d’Anna Freud : « Conserver la théorie de la séduction, cela aurait signifié abandonner le complexe d’Œdipe, et avec lui toute l’importance de la vie fantasmatique, qu’il s’agisse du fantasme conscient ou inconscient. En fait, je pense qu’après cela il n’y aurait pas eu de psychanalyse. (3)» Ailleurs dans le monde, la publication de la correspondance entre Freud et Fliess, puis la théorie de l’attachement, ont fait évoluer la clinique. Mais en France, la majorité des psychanalystes (et une grande partie du grand public) croient encore à l’existence et même à une universalité du complexe d’Œdipe. Tous les analystes ne minimisent heureusement pas le réel. Des victimes d’inceste ont été entendues par leur psychanalyste, il.elle a les a cru, les a aidé.e.s à se souvenir et les ont accompagnés jusqu’en justice. Reste que cette théorie de la sexualité infantile et du complexe d’Œdipe est encore enseignée dans les cursus de psychologie des universités françaises, et qu’il n’est pas normal que seulement 6% des victimes d’inceste en parlent à leur psy. Ce chiffre aussi doit nous inquiéter.
Sortons du silence, tous.
Demandons que soit enseignée à l’université la réalité des abus. Un enfant ne peut être tenu responsable des gestes déplacés des adultes. Non, ce ne sont pas des fantasmes. Non, les enfants n’ont ni désiré, ni séduit l’adulte qui les a abusés. Oui, les abus sont fréquents. Parlons-en.
 
Isabelle Filliozat
 
👥 Comment détecter une situation d'inceste chez un enfant ? Texte publié initialement dans Psychologie Magazine, dans les années 90.

Un enfant victime d’un abus, surtout de la part d’un proche, ne dira rien. Il a peur, il a honte, il n’ose en parler. D’autant que le plus souvent l’adulte lui impose le secret. Au mieux il dira « je ne veux plus aller à la danse », « je ne veux pas aller chez grand-papa », « je veux rester chez toi, je ne veux pas rentrer chez moi. ». Il faut l’écouter, comprendre pourquoi. Il cherche à éviter quelque chose, ou quelqu’un.

Un enfant trahi ne peut dire avec des mots, mais il dit avec son corps. Si vous constatez quelque chose d’inhabituel chez un enfant, un neveu, un voisin, un copain de vos enfants, et surtout si vous vous sentez inconfor­table en sa présence, n’hésitez pas à lui parler.

Les enfants victimes d’inceste mettent souvent mal à l’aise les adultes. Car ils sont anxieux, mais le dissimulent sous une carapace de pseudo-maturité. Et ils peuvent avoir des attitudes érotiques pour vous séduire… Des attitudes que les adultes appellent « érotiques » et « séductrices ». Pour l’enfant ce sont des comportements de soumission. Il les manifeste pour atténuer son angoisse et s’assurer que vous n’allez pas le battre. C’est un enfant sous terreur. Et si vous élevez la voix, vous le mettez en état de sidération.


Des plaintes à répétition peuvent aussi vous alerter : « je me sens mal, je suis fatigué », une régression, il recom­mence à faire pipi au lit.

Les douleurs abdominales sont fréquentes, les vomissements, les refus de s’alimenter. Ainsi que les perturbations du sommeil. Il fait des cauchemars, se réveille dans la nuit avec le cœur qui bat, ou il a peur de s’endormir. Certains veulent même dormir avec leurs vêtements.


A l’école il n’arrive plus à se concentrer, à apprendre. Mais surtout il ne joue plus, ne crée plus. Triste ou agité, il se replie sur lui, s’isole.
 
💭 COMMENT LUI PARLER ?
Évitez bien sûr les interrogatoires. Il est vraiment très difficile pour l’enfant de formuler ce qui se passe pour lui. C’est à l’adulte, à vous, de l’aider. N’hésitez pas à lui dire ce que vous voyez et à suggérer ce que peut-être il se passe à l’intérieur de lui : « Tu es tout triste, tu ne joues plus. Alors je me dis qu’il y a quelque chose qui te fait mal, je peux t’aider ?

Au début l’enfant refuse, il nie, c’est normal, il n’a pas encore confiance. Il peut être même être violent à votre égard. Insistez avec patience. C’est dur pour lui. Ne sous-estimez pas le climat de terreur qui règne dans sa famille.

Au mieux il reste silencieux. Tentez : « Il y a des choses qui sont dures à dire. Quelque fois on n’ose pas dire parce qu’on a peur des conséquences, ou on a honte, ou on ne veut pas faire du mal à quelqu’un ».


Si vous suspectez une situation incestueuse, un abus sexuel, osez carrément lui dire « moi je crois qu’il y a quelqu’un dans ta famille qui te fait des choses qui ne te plaisent pas, mais tu as peur de le dire. C’est vrai que ce n’est pas facile ». Et enchaînez avec des explications de ce qui peut se passer parfois dans les familles. Dites-lui que malheureusement il n’est pas le seul, que beaucoup d’enfants sont abusés par leurs parents. Et qu’il n’est en aucune manière responsable. Que ce n’est pas de sa faute. Il a besoin de savoir que l’abus sexuel existe, qu’il est interdit, que la loi protège les enfants et punit les agresseurs, et que vous allez l’aider.

Vous ne risquez pas de lui « donner des idées ». Si vous vous trompez, il saura vous dire que ce n’est pas ça. Et si vous ne vous trompez pas, vous l’aiderez vraiment beaucoup.

Prenez votre temps pour écouter. Cherchez différents modes d’expression : « tu préfères dessiner ? Je vais essayer de comprendre », « je t’écoute, je te crois. »

Pour parler un enfant a besoin d’être sûr que vous allez le croire, le prendre au sérieux. Que vous n’allez ni dramatiser, ni minimiser mais écouter les choses telles qu’elles sont et l’aider, le sou­tenir.

Reconnaissez devant lui la gravité des actes qu’il dénonce.


Vous pouvez vous permettre de juger, et l’enfant a besoin de votre jugement clair et sans ambiguïté. Dites-lui ce que vous allez faire. Ou si vous ne savez pas encore exactement quoi faire, dites-le lui aussi. Vous avez le droit de ne pas savoir immédiatement comment réagir, mais vous n’avez pas le droit de le laisser dans le silence. C’est même rassu­rant pour l’enfant que vous preniez le temps de réfléchir. Si vous voulez en parler à quelqu’un, informez-en l’enfant, même s’il est tout petit. S’il n’est pas d’accord pour que vous en parliez, c’est qu’il a peur. Dites-lui : « Je com­prends que tu aies peur que je lui en parle, tu ne veux pas que ton papa aille en prison, mais je vais le faire, ton père n’a pas le droit de faire ce qu’il fait, tu as le droit d’être protégé. Ce n’est pas de ta faute. Et on peut aussi soigner ton père. (Selon des statistiques cana­diennes, 4 parents sur 5 peuvent être aidés à arrêter d’abuser leurs enfants.)

Restez en contact avec l’enfant qui vous a confié sa dé­tresse. S’il retourne dans sa famille, donnez-lui votre té­léphone. La culpabilité d’avoir osé transgresser le secret familial peut jeter l’enfant dans une grande détresse. Il absolument besoin de se sentir soutenu à ce moment-là.


 

💭 VOUS POUVEZ LES CROIRE


L’inceste n’est pas rare et on n’invente pas des choses pa­reilles. Les enfants ont toujours tendance à minimiser, par

culpabilité, par peur, et pour protéger leurs parents. Vous pouvez croire tout ce qu’ils disent, et même penser qu’ils ne disent pas tout. Des études américaines montrent que moins de 10% des enfants se trompent et beaucoup plus sou­vent par omission que par affabulation.


Il arrive fréquemment que les enfants se rétractent. Il faut imaginer les pressions qu’ils subissent. Un enfant a besoin de beaucoup de soutien pour avoir le courage de continuer à dire la vérité. Une vaste enquête rétrospective menée aux États-Unis et au Canada a montré que dans la grande majorité des cas les faits sur lesquels ont porté une rétractation étaient réels.

 

💭 AGIR


Ne pas signaler le cas d’un enfant en danger relève de la non-assistance à personne en danger ou de la non-dénoncia­tion d’un crime. En tant que voisins, membres de la fa­mille… Toute personne a l’obligation de dénoncer les sé­vices ou privations infligés à un mineur de moins de 15 ans aux au­torités administratives ou judiciaires (art. 62 du code pé­nal). N’hésitez pas, la loi précise même que la présomption d’un abus sexuel suffit à justifier un signalement aux au­torités compétentes. Car en termes d’abus sexuels, présomp­tion vaut certitude. Les enfants peuvent et doivent être protégés.
 
💭 Parlez à vos propres enfants
Mais aussi aux enfants des autres, aux copains, aux neveux… La prévention est de la responsabilité de tous. Saisissez les occasions lors­qu’elles se présentent. N’hésitez-pas à en reparler plu­sieurs fois, les enfants oublient. A quel âge ? Dès tout petit, la majorité des situations incestueuses commence avant 10 ans. Expliquer aux enfants ne risque jamais de les perturber, sauf si vous le faîtes dans un but manipulatoire ou pour obtenir obéissance. Il s’agit d’informer et non de faire peur.

Si vous voulez qu’un enfant soit apte à se protéger, il a besoin d’être clairement informé sur la nature de la sexua­lité. L’anatomie comparée des sexes et la confection des bébés … Mais aussi et surtout la dimension du plaisir et du désir, de façon à ce qu’il puisse comprendre que des adultes peuvent avoir des pulsions sexuelles déviantes.

Faire action de prévention c’est enseigner aux enfants à dire NON.


Non à la personne qui lui offre des bonbons, non à la gen­tille dame qui veut le raccompagner… Mais aussi non à son papa s’il lui fait des choses qui le gênent, qui lui font peur ou mal ! L’interdit de l’inceste doit être transmis très tôt à l’enfant. Saisissez tous les « quand je serai grand je me marierai avec toi » pour clarifier : Non, jamais nous ne nous marierons. Jamais nous ne ferons l’amour en­semble. Signalez à l’enfant qu’il arrive que des enfants soient abusés sexuellement par leur père ou leur mère. Et que ce n’est pas normal, que c’est un crime puni par la loi. Les filles ne sont pas seules à être abusées. On trouve 76% de filles, et 24% garçons.;
 
💭 DITES LEUR : 
Ton corps t’appartient. Les enfants ne sont pas la propriété des parents.

Quand tu ressens de la gêne, tu as le droit de dire non.

Fais confiance à tes sensations. Ce qui te met mal à l’aise n’est pas sain.

Quand un adulte cherche à te séduire, c’est son propre plaisir qu’il cherche.

Il arrive que même des parents cherchent à utiliser leurs enfants pour leur plaisir. Ces parents ont des problèmes. Il faut leur dire Non.
 
@ COMMENT EN PARLER AUX ENFANTS ? 
Parce qu'aborder la question des violences sexuelles avec les enfants est primordial pour leur permettre de nommer les choses - avec les mots vrais - et connaître leurs droits et que cela se révèle souvent difficile pour les adultes , je vous propose d'utiliser des livres , supports importants pour une communication plus aisée.
Voici 6 livres jeunesse pour parler du corps, du consentement et des violences sexuelles avec votre enfant par Lorélie Carrive publié le14 février 2021 à 8h40sur le site: Franceinter.fr.
6 ouvrages jeunesse qui permettent d'expliquer sans effrayer. 
6  livres qui abordent, chacun à leur manière, la question des violences sexuelles sur les enfants. Il est des sujets que l'on redoute parfois d'aborder avec un enfant. Parce qu'ils touchent au corps, à l'intime, et parce que l'on a peur de faire peur aussi. La question des violences sexuelles en fait partie. D'après des enquêtes de victimisation, 130000 jeunes filles et 35000 jeunes garçons subissent chaque année des viols et tentatives de viol."Il faut que les enfants apprennent que les adultes n'ont pas tous les droits sur eux",martèle la sexologue québécoise Jocelyne Robert. 
Nommer son corps, connaître ses droits, savoir comment réagir: voici six livres adressés aux enfants qui permettent de lever les tabous, poser les mots justes et d'instaurer un dialogue. La liste, bien sûr, n'est pas exhaustive.
 
 ° "Et si on se parlait?"
Par qui: Andréa Bescond, Mathier Tucker(éd. Harper Collins) 
Pour quel âge: les 3-6 ans; 7-10 ans; 11 ans et plus - 3 volumes différents selon l'âge .
De quoi ça parle: Il s'agit en fait d'une collection de trois ouvrages, visant respectivement des enfants de maternelle, des élèves de primaire, et des collégiens. Noémie, Sam, Sarah, Alida, Tony, etc. livrent chacun leurs expériences, avec des thématiques qui varient selon les âges. Chaque chapitre se clôt par une question:"Et toi?", afin d'ouvrir la discussion. Danseuse et réalisatrice, Andréa Bescond dénonce depuis des années les violences sexuelles qu'elle a subies enfant. C'est à elle que l'on doit le spectacle "Les Chatouilles ou la danse de la colère", ensuite adapté en film. 




 
 °"Petit Doux n'a pas peur
Par qui: Marie Wabbes(éd. De La Martinière Jeunesse) 
Pour quel âge: à partir de 3 ans                                                                             De quoi ça parle: Petit Doux a un ami, Gros Loup, qui adore jouer avec lui mais qui a aussi de drôles d'idées."Si jamais tu racontes à quelqu'un ce que je te fais, je te mangerai tout cru", menace Gros Loup. Mais Petit Doux n'a pas peur... Par le biais d'une métaphore filée, le livre aborde le sujet du viol. Si les enfants ne saisiront que le premier degré de l'histoire, ils retiendront que Petit Doux raconte à tout le monde que Gros Loup lui a fait du mal afin que celui-ci soit puni.Extrait de "Petit Doux n'a pas peur"

 
                                                                                                                         °"la princesse sans bouche "   
Par qui: Florence Dutruc-Rosset et Julie Rouvière(éd. Bayard Jeunesse)                   Pour quel âge: à partir de 5 ans                                                                            De quoi ça parle: Dans un château de conte de fée vivait avec une princesse. Elle était très heureuse. Sauf qu'un soir, le roi, son père, entra dans sa chambre et commit l'innommable, l'irréparable."Il la toucha comme si elle était sa femme, ce qui est interdit à tous les papas de la Terre",peut-on lire. Sa mère, la reine, n'entend pas. Ne voit pas. Seule avec son terrible secret, la petite fille voit sa bouche disparaître. C'est seulement en voyant un chasseur tirer sur une biche, un jour, que la princesse retrouvera sa bouche pour crier un "non" viscéral."Avec ce conte, je veux montrer aux enfants qu'il y a un chemin de guérison, qu'on peut rencontrer des personnes bienveillantes et qu'on nest pas tout seul enfermé dans son mutisme", explique Florence Dutruc-Rosset,
  

°"Le petit livre pour dire stop aux violences sexuelles faites aux enfants"                         
Par qui: Marie Spénale, Gwénaëlle Boulet, Delphine Saulière(éd. Bayard Jeunesse)                                                                                                          Pour quel âge: à partir de 7 ans                                                                             De quoi ça parle: On y trouve six histoires, sous forme de bande dessinée, dans lesquelles des enfants se retrouvent menacés ou agressés par des adultes: un moniteur de sport qui réclame un massage, un oncle, un homme qui traîne sur les forums de jeux vidéos...À chaque fois, des conseils pour savoir comment réagir, les numéros à contacter pour se défendre, ainsi qu'un lexique pour comprendre le sens des mots.Extrait du livret de prévention "Stop aux violences sexuelles faites aux enfants" édité par Bayard
 
 

 
°"Te laisse pas faire!"
Par qui: Jocelyne Robert(éd. De L'homme)                                                               Pour quel âge: à partir de 4 ans... mais aussi pour les adultes                                                                                                               
De quoi ça parle: Le but de cet ouvrage est de faire de l'enfant et du parent une équipe vigilante et informée, face aux potentiels prédateurs. C'est une mallette remplie d'outils, pour les enfants comme pour les adultes, afin d'aborder des sujets délicats sans dramatiser ni banaliser. Il comprend des BD, des jeux, des activités, présente des indices pour évaluer les risques.

 
 
 °"Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte"                     Par qui:Thierry Lenain, Stéphane Poulin(éd. Les 400 coups)                                Pour quel âge: à partir de 5 ans                                                                            De quoi ça parle: D'une petite fille si polie qu'elle n'arrive pas à refuser les bisous insistants de Tatie Jacotte, alors que ceux-ci la dérangent. Heureusement, un jour, à l'école, une dame lui apprend que son corps est son corps, et que personne n'a le droit de lui faire un bisou ou une caresse si elle n'est pas d'accord.
 



dimanche 31 janvier 2021

2021 ...PARENTS, N'ESSAYEZ PAS D'ÊTRE PARFAITS !


Il n’y a pas de parent parfait : l’histoire de nos enfants commence par la nôtre - (Isabelle Filliozat )ed. Poche Marabout- 

Pour ceux et celles qui n'auraient pas le temps de lire le livre :la vidéo : https://youtu.be/OBTo7RiooaQ

@ Avant d'avoir des enfants, futurs parents : beaucoup de certitudes sur leurs futurs enfants et la façon de les éduquer...« je ferai comme ceci et non comme cela », «mon enfant sera comme ça , gentil , obéissant, bon élève .». « je ne crierai pas», je ne me mettrai pas en colère » .etc...( idée du parent parfait ). Mais quand l'enfant est là , tout s'écroule et rien ne se passe comme nous l'avions prévu ! Nous nous comportons exactement comme nous n'aurions jamais pensé le faire ...pourquoi ??

Ex : une amie , que vous avez invitée à boire le thé , renverse sa tasse ; elle se confond en excuses et vous lui dites : « mais ce n'est rien, ne t'inquiète pas , j'essuie cela tout de suite ..» ( vous ne vous fâchez pas!) ...alors que si votre enfant renverse son verre de jus de fruit , vous vous mettez à hurler : « oh ! Mais fais attention, qu'est- ce que tu es maladroit , tu ne fais que des bêtises etc...» et vous allez en colère chercher une éponge... au lieu de lui dire : « il y a une éponge sur l'évier» ...réponse qui induit un geste éducatif , indiquant à l'enfant une solution à apporter à la situation.

Au fond de vous, vous savez que votre 1e réaction n'est pas la bonne ..mais épuisement ( enf en bas âge : 600h de sommeil en moins ) , fatigue, non gratification de vos tâches journalières répétitives ( ex .du père ) ,idée de ce que doit faire une mère parfaite ,mais aussi et essentiellement votre histoire personnelle ... ont raison de vous...tout cela crée des automatismes , des réactions exagérées et l'on se sent mauvaise mère ou mauvais père en soi et au regard des autres , on se sent coupable , on a honte ...et le stress s'installe , cercle vicieux !

ces pensées à la "poubelle " dit Isabelle filliozat.

également cette idée que les enfants agissent CONTRE NOUS , « il me nargue » « il me teste » « il me fait une otite » ; abandonner cette lutte de pouvoir ! L'enf est une personne, il veut affirmer son autonomie ! 

UNE SEULE CHOSE EST ESSENTIELLE : LE(S) BESOIN(S )DE L'ENFANT .

@ DANS CE LIVRE, UNE ENQUÊTE AU CŒUR DES PASSIONS CONTRADICTOIRES QUI NOUS ANIMENT EN TANT QUE PARENTS.

La manière dont nous éduquons nos enfants : le résultat de notre histoire personnelle. Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient, nos blessures, notre histoire.

Nous aimerions n’être qu’amour et tendresse pour nos enfants … C’est illusoire ! Nous avons un passé, une histoire avec ses richesses et ses blessures. Nous avons toutes sortes de raisons de ne pas être qu’amour : la peur, la colère, les frustrations. En effet l’éducation de l’enfant implique le père et la mère, les grands-parents mais aussi l’enfant intérieur du parent.

Élever un enfant, et même l’aimer, n’est pas chose facile. En chaque père, en chaque mère se cache l’enfant qu’il ou elle a été, qui réagit et se projette en reproduisant des automatismes. ( NEURONES MIROIRS imitations )

Abus de langage et de pouvoir, dévalorisation et injustices disent nos blessures passées.
Isabelle Filliozat explique clairement ce mécanisme qui peut nous faire sortir de nos gonds de manière irrationnelle (et inefficace !). Elle nous aide ainsi à prendre conscience pas à pas de nos comportements. C’est en retrouvant un peu de cohérence entre nos valeurs et nos réactions que nous pouvons devenir le parent « suffisamment bon » d’un enfant reconnu comme une personne à part entière. Et non comme le prolongement idéalisé de nous-même.

~ Mieux comprendre ce qui nous empêche d’être le parent que nous aimerions être, mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie.voilà les pistes de réflexion que nous propose  Isabelle Filliozat,

des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver…afin de retrouver la liberté d’être le parent que nous désirons être.

~ Ce livre :un ouvrage pilier. Isabelle Filliozat nous rappelle que vouloir être un parent parfait n’a jamais aidé personne.  Ce qui nous nourrit en tant que parent : l’épanouissement de l’enfant et la qualité de la relation que nous entretenons avec eux. Or vouloir être parfait, c’est ne plus être en relation authentique.

Un des piliers de l’éducation est également la bienveillance envers soi-même. Isabelle Filliozat écrit :

Un enfant n’a pas besoin de parents parfaits, il a besoin de parents suffisamment bons. Un enfant veut rencontrer non un rôle en face de lui, mais une personne, une vraie personne, avec ses émotions et ses propres besoins, ses pensées et ses valeurs, ses compétences et ses limites. 

Isabelle Filliozat ajoute que si nous arrivions à moins culpabiliser, nous chercherions moins à nous voir parfaits et nous pourrions davantage assumer nos responsabilités.

On ne peut pas toujours être au top. Quand on n’a pas beaucoup dormi, quand on traverse une période difficile, crier est somme toute humain. Personne, et surtout pas nos enfants, n’attend que nous soyons parfaits. Mais parce-que nous mêmes portons cette exigence de perfection, parce que nous voulons être une bonne mère, un bon père, d’une part nous justifions nos comportements en les nommant éducatifs et, d’autre part, nous n’osons pas demander de l’aide, comme si c’était avouer notre incompétence. Pourtant, introduire un tiers diminuerait notre stress. Pourquoi toujours chercher à tout assumer seul(e) ? Non seulement il n’y a pas de honte à se faire aider, mais le vrai courage est là : cesser de se voiler la face et oser demander !

La culpabilité saine :celle qui nous permet d’être en rapport direct avec nos enfants et pas avec nos certitudes éducatives. C’est elle qui nous permet de ne pas blesser autrui.

Or quand on cherche trop à être parfait, on peut devenir exaspéré de ne pas y arriver (surtout si on a l’impression que les autres y arrivent) et finir par en vouloir à l’enfant de nous empêcher d’atteindre cet idéal de perfection.

Toutes les mères sont de mauvaises mères… et de bonnes mères.Idem pour les pères .

~ Isabelle Filliozat nous rappelle également que notre inconscient est plus puissant que ce que nous pouvons penser. Au delà des théories et des envies de faire « autrement », il y a notre inconscient, marqué par nos blessures et notre histoire personnelle. (NOS NEURONES MIROIRS ) J'ai toujours 2 choix : s'identifier à l'enf que j'étais et à mes ressentis ou m'identifier au parent , en reproduisant son attitude, ses mots ; on choisit presque toujours de s'identifier au parent , situation de domination, alors qu'il est essentiel de se mettre à l'écoute de l'enf qu'on était ..et d'en guérir ( se faire aider ) . Et ensuite de s'occuper du ou des besoins de son enfant.

A travers différents exercices à faire nous-mêmes et des exemples tirés de sa pratique de thérapeute, Isabelle Filliozat propose de découvrir les raisons qui nous poussent à agir comme nous le faisons afin de retrouver notre liberté d’action et de tendre vers l’éducation que nous voulons vraiment donner à nos enfants.

Si le parent n’a pas fait de retour sur son passé, s’il a encore des rages refoulées, il risque de mal vivre les émotions de son enfant. Surtout quand, en plus, cela se passe en public.
Nos mots sont soit ceux que nos parents ont prononcé à notre égard (ou peut-être d’autres personnes importantes, comme les frères, les sœurs), soit des mots dont nous nous sommes nous-mêmes affublés lorsque nous étions enfants parce que quelque chose dans notre environnement ne nous donnait pas l’autorisation de nous sentir fiers et importants.
Quand la communication devient difficile, quand les disputes éclatent trop souvent, il peut être utile de se poser la question : qu’est-ce qui se passait pour moi au même âge ? – il est en effet reconnu que l'on rencontre avec nos enfants des difficultés d'éducation à l'âge où nous avons eu les nôtres...

~ “Il n’y a pas de parent parfait” : un livre optimiste. Isabelle Filliozat rappelle qu’on peut toujours réparer l’injustice, à condition de la regarder en face. En effet, nous sommes le plus souvent ambivalents dans notre rôle de parents. Consciemment, nous désirons tout le meilleur pour nos enfants mais il arrive qu’une autre partie de nous, inconsciente, aille dans le sens contraire : nous sommes amenés à gronder, crier, punir, faire taire les émotions…Des remarques désagréables nous échappent, nous ne les préméditons pas. Elles nous surprennent même parfois.

Isabelle Filliozat nous conseille alors de suivre la piste de nos débordements pour en découvrir l’origine. Ceux-ci nous parlent de nous. Plus nous comprendrons l’origine de notre « tendance noire », plus nous la mettrons à jour, moins elle aura de puissance, moins nous serons gouvernés par des automatismes inconscients.

Comment réparer nos erreurs ? Pour mieux écouter et accompagner nos enfants, nous avons d’abord à accomplir un chemin vers nous même. Et comme le temps passe très vite, il n'y a qu'une seule urgence : AIMER SON ENFANT !

~ Pour ce faire, elle propose de nombreux exercices et des pistes de réflexion sous forme d’un coaching book en fin d’ouvrage (pour travailler sur la colère, la culpabilité, l’enfant intérieur, les émotions excessives…).

COACHING BOOK : exercices, recettes, trucs et astuces pour s'en sortir au quotidien .

° pas simple de changer de mode de fonctionnement même si on est convaincu du bien -fondé de la nouvelle orientation à adopter ! D'autre part crainte de voir les autres déstabilisés par nos changements ... enfants , eux, grand plaisir de changement !

* tout d'abord nécessité d'un BILAN , pour nous observer ...car c'est un leurre de penser bien nous connaître...donc RDV avec soi-même : carnet confidentiel (réflexions, commentaires, espace pour laisser parler l'enfant que vous étiez..)

1 .s'observer sans culpabilité , sans jugement .

Oser voir que nos actes peuvent blesser nos enfants ;

 Pendant quelques  jours ,observez vos réactions face à vos enfants :

~ combien je passe de temps effectif avec lui ? c’est-à-dire centré sur lui …

~comment je l'inclus dans mes activités ?

~ comment je le nourris?trop, normalement, équilibré, bio, fast-food, quand il veut , à heures fixes, sans faire attention …

~ comment je l'embrasse ?...

~comment je le touche ? ...soins, câlins, massage, fessée…

~ comment je me sens dans ce toucher ?…

~ comment j'écoute ses émotions ? …

~ comment je gère ses incartades ?

~ comment je refuse ? ..

~ comment je l'encourage à s'éloigner ?

~ comment je l'aide et comment je le laisse grandir ?…

~ comment j'écoute ce qu'il raconte de sa vie ? …

~ comment je lui parle de moi et de ma vie ?

~ comment j'accepte qu'il grandisse et s'éloigne de moi ?

* mes points forts , ce que j'aime dans ma relation avec mes enfants

* mes points faibles : ce que je n'aime pas de moi…

* mes convictions éducatives

* celle de mes parents

* ce qui est le plus difficile pour moi

* mes réactions typiques face aux bêtises et au non respect de nos contrats ….

* je repère des comportements de mes enfants qui m'énervent..

* j'écoute ce qui se passe en moi à ce moment-là …

* je décide de…



2. pour ne plus culpabiliser.

Culpabilité : empêche la résolution de problème, nous empêche d'avancer .

~ d'abord, par rapport à un acte ou une conséquence, vérifier honnêtement la réalité de notre culpabilité. tendance à éprouver culpabilité dans situations sur lesquelles on n'a pas de pouvoir . ( manque de pouvoir déclenche culpabilité )

~ sentiment de culpabilité : frein à blesser autrui, utile et constructif.

1. je suis réellement responsable

2. je suis partiellement responsable

3. je ne suis pas responsable .

Si 1 : j'accueille, j'écoute la colère de mes enfants et je répare

si 2 : je fais la part de mes responsabilités, j'assume la mienne , je ne protège pas l'autre parent ….

si 3 : j'identifie la blessure subie, l'humiliation ...je reconnais mon sentiment de culpabilité comme un retournement contre moi-même de ma frustration : tentative inconsciente pour me sentir au contrôle . J'accepte mon sentiment d'impuissance .

Sentiments de culpabilité : bon indice de présence d'émotions de peur, de terreur , colère, rage , dégoût encore refoulées en soi .

Au fur et à mesure du travail sur soi, diminution au profit de la responsabilité et du sentiment de pouvoir sur sa propre vie.



3. le regard des autres .

° honte quelques fois de vos petits chéris ? En sandales dans la boue ? Quand le professeur vous fait des remarques ? Quand son comportement laisse à désirer ? « j'ai honte quand les autres voient...»

° pour assumer, inverser le sens du regard : ne les laissez pas vous regarder , ne soyez plus l'objet de leurs regards, regardez-les, parlez -leur, devenez sujet ! Si c'est vous qui regardez , vous n'êtes plus l'objet de leur regard.. « une personne me regarde ? Je la regarde, je la détaille ...»

° mon enf est différent ? Heureusement ! Chaque enf : sa personnalité, ses caractéristiques propres.grave ou non , problème d'énurésie, d'asthme , de psoriasis, de dyslexie, de colère , d'obésité etc...pour ne pas laisser place à la honte ou à la culpabilité, ne pas rester sous le regard d'autrui . Je peux aussi :

1. en parler avec d'autres parents concernés

2. m'informer sur cette différence pour savoir répondre et me sentir solide

3. aller vers les autres, les informer

4. faire partie d'une association , me réunir avec d'autres parents qui rencontrent les mêmes difficultés.

Dans les échanges, toutes les étiquettes se décollent . Autant celles des parents que des enfants.

° une personne se permet de juger :

~je m'exerce à recadrer . Je reformule le jugement porté par la personne sur l'enfant : ex : « il est timide »> « il prend le temps de savoir à qui il a affaire avant de parler »

« elle est capricieuse » > « elle a très envie de ce jouet »



4. je suis tendu(e) , stressé(e) .

° cochez les phrases qui vous parlent :

~ je m'énerve pour un rien

~ j'ai tendance à accuser

~ je perds mes clés

~ je laisse brûler les plats dans les casseroles

~ je suis tout le temps pressé(e)

~ « dépêche-toi » : ma phrase favorite

~ il faut que tout soit impeccable

~ il faut que les enf obéissent au doigt et à l'œil

° coché plus d'une phrase ? sous stress !

~ je fais le point de mes agents stresseurs :

* reconnaissance pour ce que je fais ?

* peur du jugement si ma maison n'est pas impeccable ?

* vraiment nécessité de faire tout ce que je fais? injonctions du passé ??

* examen global de ma vie : sécurité ? Territoire ? Amour, couple ? Épanouissement personnel ?

~ pour diminuer mon taux de stress ?

* satisfaire mes besoins sur le plan physique , émotionnel, intellectuel, social ?

~ je prends 3 décisions pour aller mieux :

* liste de 10 petites demandes , 10 petites attentions qui me feraient plaisir

* je la confie à mon conjoint qui me distillera à son gré ces attentions

* je parle de moi , je raconte ma journée , je partage une discussion de 10 mn avec au moins une personne adulte par jour.

5. je m'énerve .

° quand je m'énerve face au comportement de mes enfants , d'où viennent mes cris et à qui s'adressent-ils en réalité ?

Je note chaque fois que je m'énerve, je m'interroge et je coche un ou plusieurs facteurs.

~ fatigue

~ cycle hormonal

~ pbs au travail

~ conflits dans mon couple

~ poids des tâches ménagères assumées seul(e)

~ difficultés financières

~ pbs dans la famille proche

~ frustration

~ inquiétude

~ autres pbs

° une fois bilan effectué, place à l'émotion et choisissez une personne de confiance pour en parler ; d'abord vous plaindre,puis pleurer, rager, ...etc ou toute autre méthode vous convenant pour laisser sortir votre énergie.

° ensuite , besoins immédiats : de l'aide , un soutien , cessez de penser que vous devez vous débrouiller seul e) . Pas de honte à se faire aider, le vrai courage est là .



6. il pleure.

° que se passe-t'il en moi quand mon bébé pleure, quand mon enfant -quel que soit son âge, quand mon ado pleure, quand mon grand devenu adulte pleure ?

1. je panique, je ne sais pas quoi faire

2. je me culpabilise

3. je l'agresse

4. je me bouche les oreilles ou je pars dans une autre pièce

5. j'entends ses pleurs pour ce qu'ils sont, des tentatives de se soulager d'un poids. Je l'écoute et je l'accompagne.

° si je n'ai pas coché 5, je projette probablement mes propres pleurs d'enfant , je suis retourné(e) par ses sanglots et incapable de les écouter .

Dés que j'ai identifié qu'il m'est insupportable de l'entendre pleurer :

1. je respire , je prends le temps de retrouver ma sérénité intérieure . Je vais aux toilettes, je m'isole juste le temps de récupérer pour ne pas laisser l'énervement monter en moi .

2.m'arrive t'il de pleurer? qu'est ce qui se passe pour moi quand je pleure ? Je me mets en contact avec mes sensations et je me donne de la tendresse.

3. je me souviens d'un moment d'amour, de bonheur avec mon enfant .

4 . je visualise ses larmes comme un poison qu'il a dans le cœur et qu'il est en train de faire sortir , je l'encourage à faire sortir toute sa souffrance.

5 . je peux le prendre dans mes bras pour écouter son corps , pour le sécuriser

6 . je l'encourage : « pleure, je suis là pour écouter combien tu as mal , pleure tout ce que tu dois pleurer »..je ne prends pas sa douleur je la laisse s'écouler…



7 .écouter .

° écouter : pas évident , vite tenter de répondre, de trouver des solutions , de conseiller, de terminer les phrases de l'autre, de l'interrompre, voire de juger .

Entendre les mots, pas toujours le sens...

Ecouter un enfant : ne pas se mettre en face de lui, mieux vaut s'installer dans le même sens , en faisant autre chose , cuisiner, bricoler, …. Faire quelque chose ensemble : façon d'écouter au-delà des mots, la vie en lui.

En silence, je sens l'amour que j'ai pour lui, je déguste sa présence ,Je respire son énergie, son odeur.

Il me raconte un évènement ? Une dispute ? Je ne prends pas parti, je m'abstiens de tout commentaire , je reflète simplement ses sentiments : « dur ! Tu as dû te sentir furieux, tu te sens malheureux de ..» Attention au son de votre voix , ne proférez ni des définitions, ni des interprétations , n'affirmez pas, vous êtes en contact avec son émotion à l'intérieur de vous et vous mettez simplement des mots sur cette émotion .

J'observe ce qui se passe en moi quand je ne réponds pas, quand je ne donne pas de solution , quand je ne dirige pas la conversation ..

Nous sommes tentés de couper court à la conversation, ou d'en reprendre le contrôle par peur de voir émerger des émotions.

Je suis mal à l'aise quand :

je supporte mal ses colères, ses peurs, ses tristesses , ses joies…

parce que ça me rappelle …

Aurais je éprouvé la même émotion à son âge ?

Dans ma famille, certaines émotions interdites ?

Quelles émotions montraient mes parents ?

Si je découvre qu'une de mes émotions vis à vis de mon enfant pourrait être une fidélité consciente ou inconsciente à ma famille d'origine , je décide de rompre cette fidélité , ce qui ne m'empêche pas d'appartenir toujours à ma famille .

Je fais la paix avec mes émotions en me souvenant des ce que j'éprouvais moi enfant, quand j'étais en colère , quand j'avais peur, quand j'étais triste .Je convoque mes sensations et je donne aujourd'hui à l'enf que j'étais le parentage dont il avait besoin .

8. le langage de la tendresse.

°différents comportements : des parents qui disent « je t'aime » 4 fois par jour à leur enf et ceux qui ne disent rien du tout, ceux qui n'arrivent pas à dire « non » et croient ainsi dire à leurs enfants qu'ils les aiment , ceux qui proclament préférer les actes aux mots, ceux qui les remplacent par des cadeaux...Prononcer des mots d'amour quand on n'en a pas entendu dans son enfance est difficile : on en dit trop ou pas assez ...quand le « je t'aime » signifie « je te dis que je t'aime pour être sûr que tu en sois persuadé parce que moi j'en ai tant manqué» parfois lourd pour l'enfant et rappel à chaque fois à celui qui les prononce les manques de son enfance...« je t'aime » s'adresse alors à soi-même !

Ceux qui abusent de compliments « tu es beau, tu es intelligent, tu es sage » qui risquent alors de contraindre leurs enfants à être conformes à ces compliments sous peine de ne plus être aimés …

Dire plutôt : « j'aime vivre avec toi, quand je te regarde, je sens mon cœur battre dans ma poitrine » ou dire simplement « je t'aime »

Je dis « je t'aime » à mon enf une fois par jour , je suis attentif à sa respiration , en le regardant dans les yeux. Si trop difficile, lui glisser à l'oreille, pendant un câlin ou par le penser . Le plus important c'est de le ressentir en vous .

COMMENT S'EXPRIMAIT -ON dans ma famille ? Comment disait-on L'AMOUR ET LA TENDRESSE ? Je prends conscience de ce qui m'a manqué , je donne à l'enf en moi ce dont il a besoin , je fais le travail de guérison si besoin.

9. savoir dire non, savoir dire oui .

° au tout début, parent entièrement responsable de son enf puis permissions de faire seul, de s'éloigner : espace ouvert progressivement  pas facile de doser entre la protection nécessaire pour assurer la sécurité et les permissions pour lui permettre d'acquérir sa liberté .

° Plus enf jeune, plus curseur proche de « sécurité » , plus il est mature, plus curseur proche de « liberté » ! Lorsque parti de la maison , curseur 100 % liberté ...est- ce le cas ??

L'autonomie que je laisse à mon enf est-elle suffisante, insuffisante, exagérée ?

Ai-je tendance à faire à sa place alors qu'il peut faire seul ?

Je lui apprends à : couper, se servir. S'habiller, se laver , faire son lit, ouvrir son œuf à la coque, faire ses devoirs…

Parfois , sous couvert de protection , parent envahissant, particulièrement à l'adolescence : intrusion dans la chambre sans frapper, chercher à lire le journal intime, fouiller son téléphone, jeter un œil à son blog, nettoyer la chambre en inspectant draps et petites culottes ..

Que se passerait-il pour moi si je le laissais grandir ?comment puis-je accepter de me sentir devenu(e) inutile ?

Dire NON , restreindre l'espace autour de l'enf pour le protéger : nécessaire un temps . Puis les NON faire place aux OUI .

A 13 ans, NON , tu ne sors pas seule le soir

à 15 ans : OUI à certaines conditions

l'enf grandit : conditions plus souples .

À 18 ans : OUI inconditionnel

Si on veut protéger un objet,

à 1 an : NON ( verre en cristal ) voici ton verre

à 2 ans : tu as le droit de toucher si je suis à côté de toi

à 3 ans : regarde, ça se tient comme ça , essaie…

« je peux aller sur le toboggan ? Je peux aller chez le voisin?je peux aller à l'école tout seul ?…

J'ai parfois du mal à dire OUI ?

Je n'ai peut-être pas reçu ces permissions que je refuse à mon enf .

Si je n'ai pas eu la permission, je n'ai pas eu l'expérience , le vécu peurs , donc hésitation à dire OUI .

Et si je me donnais quelques autorisations ?

~ je m'autorise à …

Parfois , nous ne savons dire ni OUI, ni NON : par incapacité personnelle à prendre position : besoin de puissance pour se positionner ! Puissance, Permission, Protection : les 3 P du parent ( indissociables ) . Puissance : sécurité intérieure , confiance en soi solidité sinon laxisme et protection incohérente.

Je suis puissant quand..

~ je suis en contact avec mes véritables émotions

~ je sens mon sentiment de sécurité à l'intérieur de moi

~ quels que soient leurs comportements ou leurs paroles, mes enf n'ont pas le pouvoir de me détruire

~ je ne crains pas le regard des autres parce que je sais que leurs éventuels jugements ne sont que camouflages de leurs blessures

~ je m'aime.



10 . compétition .

° je m'observe : petit pincement au cœur quand je vois un père ou une mère s'occuper de son enf , lui donner ce que je n'ai jamais eu ? Pincement : information

2 options : jalousie ou guérison de mon histoire

Si j'étais en compétition avec mon enf , ce pourrait être par rapport à quoi :

~ la tendresse reçue

~ le nombre ou la qualité des jouets

~ les vêtements

~ la nourriture

~ la liberté

~ les études

~ les hobbies

~ les amours

~ autre…

Qu'est-ce que j'ai du mal à donner à mon enf ?

Observations sans jugement . Si compétition avec son enf , ne signifie pas que vous êtes mauvais parent mais que vous avez été carencé dans votre enfance . Vous juger : inutile ( contre la guérison ) , plutôt oser le reconnaître .

Occupez vous alors de l'enf à l'intérieur de vous !

Chaque fois que j'éprouve de la jalousie , je vais voir l'enf que j'étais , je l'écoute, je lui parle, je le vois dans mon imaginaire recevoir ce qu'il n'a pas eu à l'époque : tendresse, permissions, jeux , copains …

J'accepte les émotions qui montent , je laisse venir, je développe toute la tendresse dont je suis capable envers l'enf que j'étais . Cela m'aidera à ce que je puisse davantage me réjouir de ce dont mon enf bénéficie.

11. est-ce que je m'aime , MOI ?

~ il y a ce que j'aime en moi : listez une vingtaine d'aspects physiques, émotionnels, relationnels, intellectuels, spirituels…

° aimer # aspects de soi = une étape . S'aimer soi = acceptation inconditionnelle de soi, tendresse à l'égard de soi-même, sensation de complicité …

Dans un 1e temps, je me regarde plusieurs jours dans la glace et je me concentre sur un détail de mon visage que j'aime,puis je me regarde dans la glace yeux dans les yeux et je dis à mon reflet « je t'aime » ; je suis alors attentif aux sensations que j 'éprouve ...au fur et à mesure des jours , colère, dégoût, mépris , je les traverse en insistant sur le « je t'aime » ..peu à peu, complicité et tendresse , et enfin amour !

S'aimer = éprouver de la joie à se sentir vivre, à sentir la vie en soi …

~ Pour mieux m'occuper de mes enf, besoin de m'occuper d'abord de l'enf à l'intérieur de moi quelques options :

° la photo : 1 photo de moi, enf , je la regarde et laisse monter en moi les sentiments, les émotions, les pensées...parfois , dégoût, honte expression de nos souffrances . Écouter ses émotions d'enf.

° à 2 on est plus fort : j'imagine que j'emmène avec moi la petite fille ou le petit garçon que j'étais , je lui parle, la rassure . Je lui montre ma vie d'aujourd'hui .

° la guérison de l'enf intérieur . : texte d'une relaxation visualisation ...lire p.262 …. 266.

° la lettre : j'écris une lettre à l'enf qu j'étais pour lui dire que je l'aime et 2 ou 3 choses que je voudrais qu'il sache sur lui , les autres et le monde ;



12. face à un problème, à un mauvais résultat, une incartade .

~ les questions à se poser avant d'agir…

° quel est le problème ?

° ce pb m'appartient-il ou appartient-il à mon enf ?

° quelle est mon intention ?

° mon attitude est-elle pédagogique ? Elle lui enseigne quoi ?

~ par automatisme, recours à la punition ...punition = humiliation donc anti – éducative , pouvoir de l'adulte sur l'enf et non conscience de l'erreur . Punition = faute, culpabilité de l'enf et non la notion de réparation .Punir est inutile .

~ plutôt sanction : conséquence logique d'une transgression posée à condition que la règle l'a été de manière explicite . Sanction responsabilise l'enf amené alors à prendre conscience de la conséquence de ses actes .

~ la meilleure sanction = la réparation proportionnée et en rapport direct avec l'erreur ou la transgression , vise à éviter la honte et permet à l'enf de tolérer en lui un certain sentiment de culpabilité .

Je ne punis jamais :

1. parce que j'ai peur que mon enf ne m'aime plus

2. parce que j'applique des sanctions responsabilisantes et réparatrices

il m'arrive de punir :

1. parce que je ne fais pas la différence entre sanction et punition

2. parce que c'est la seule chose que j'ai apprise

3. parce que c'est ce que j'ai subi enf et que je considère que c'était pour mon bien

M'arrive t-il de faire subir à mes enf des punitions que j'ai moi-même reçues dans mon enfance ? Lesquelles ? Je prends un temps pour observer mes comportements réels en situation et réflechir à cette question .

Je réfléchis à 3 transgressions commises ces derniers temps par mon enf .Quelle sanction réparatrice j'aurais pu poser ?

Je mesure la différence entre sanction et punition .



13 . il m'insupporte .

~ « il m'exaspère ! » « il est mou, agressif, flemmard, égoïste, renfermé , timoré ...» etc.

~ donner 10 adjectifs pour décrire mon enf…

~ quels sont ceux que je peux aussi m'attribuer ?

~ quels sont ceux qui s'opposent très exactement à mes valeurs ? Par ex : paresseuse , si j'ai fondé ma vie sur la valeur travail.

~ quand je ne supporte pas mon enf , qu'est -ce que cela dit de moi ?

~ ce caractère = somme de nos habitudes émotionnelles , relationnelles et comportementales ...ont été prises à mon contact … !!

~ est ce qu'il me ressemble à moi enf ou à un de mes frères et sœurs ? Ou au contraire est -il trop différent? A t'il des comportements que je m'interdis ?

~ est-ce que je lui en veux de mon échec à être le parent que j'aurais voulu être ?

° un jugement = dissimule une émotion ou un besoin . un adjectif = une étiquette, un jugement.

~ je prends conscience des émotions et besoins de mon enf au lieu de le juger .

«Timide »= il a peur des autres , il n'aime pas que je l'oblige à saluer des personnes qu'il ne connaît pas

« paresseux » = il s'oppose à moi, il cherche à exister, ou bien : il ne s'entend pas avec ses profs, il a été dégoûté par ses mauvaises notes , cet enseignement ne lui convient pas…

les qualificatifs = étiquettes que l'enf a du mal à décoller par la suite et cachent parfois des mal être : plus difficile d'aimer un paresseux qu'un enf qui souffre et qui n' a trouvé que le moyen de la grève du travail comme solution…

~ je constate combien me montrer attentif aux émotions et besoins de mon enf me donne davantage de pistes pour l'aider à modifier son comportement que les adjectifs , jugements et étiquettes.

14. maîtriser un accès de colère.

~ j'ai envie de le passer par la fenêtre , de le massacrer...droit d'en avoir envie, pas de passer à l'acte . !

° « la dernière fois , je l'ai projeté contre le mur, je l'ai tapé, je ne veux plus faire cela »

« j'ai crié sur elle, je m'en veux ..»

Cela vous arrive aussi parfois ?

° ma violence s'est exprimée par :

* des mots, des cris , des paroles dures, une réaction d'isolement ..etc

* quel était le déclencheur ?

° il m'arrive de l'insulter , de le frapper...insultes, jugements = projections de nos émotions sur l'autre , prises de pouvoir sur l'enfant pour éviter de prendre contact avec nos souffrances enfouies . C'est notre propre sentiment d'impuissance qui est alors à guérir.

Ai-je moi -même entendu des mots qui auraient pu me blesser ?

Dans ma vie d'adulte, de la part de mon conjoint, ma belle-mère, mes parents, un ami , un médecin ….

Dans ma vie d'enf, quelles dévalorisations ai-je entendues dans mon enfance ? Quelles étaient les insultes favorites de mon entourage ?...parfois termes prétendument affectueux !

ai-je reçu des châtiments corporels dans mon enfance ? À quel âge ?…

rien ne justifie que l'on frappe un enf , sentez combien cela vous a fait mal , vous avez le droit d'éprouver de la colère envers vos parents , cela vous aidera à vous libérer de la croyance de votre indignité et en la valeur des fessées …

Si j'y réfléchis maintenant , qu'est ce qui a motivé mon impulsion violente ? Impuissance, dépassement etc. ?

Vous êtes à bout , exaspéré : prenez conscience de votre violence, du ton de votre voix ...

vrai courage : oser faire appel , demander le relais à l'autre parent ou à une autre personne , juste le temps de revenir à soi ou alors sortez ,,,

Dans l'urgence :

~ la respiration

~ un peu d'eau sur le visage

~ j'évoque un moment de joie et d'amour avec mon enf …

~ je ferme les yeux et reprends contact avec l'amour que je lui porte ...

~si j'en suis capable, je le prends dans mes bras physiquement s'il est petit, mentalement si c'est un ado ...si celui-ci refuse le câlin .

Je craque dans la rue ?

~ j'aborde un passant , le fait d'échanger avec un autre adulte devrait diminuer mon exaspération.

~ ou je lui demande d'intervenir auprès du hurleur , cela peut être magique

dès que je suis revenu à moi, une question :

« comment je me sens ? Et en toute authenticité, je formule la réponse à mon enf …

« je suis exaspéré , je me sens démuni ..»

« quel est mon besoin?» ...mon besoin ne peut que me concerner moi , pas l'autre .

J'analyse

1. ma fureur est -elle proportionnée ?...oui si justifiée et ne fait pas peur à l'enf

2. est -elle appropriée ?..oui si j'ai subi une blessure ,,,ou si le pb m'appartient ( pas si ma fille a 2 en maths ce qui est son pb!)

3 . l'expression de mon émotion est-elle positive ? Si excessive: résultat d'une accumulation , ou projection sur l'enf d'une colère envers une autre personne. Ou décharge d'une émotion précédente , ou expression d'une crainte envers l'enf,ou conséquence de mon épuisement physique …, ou liée à l'expression d'un syndrome prémenstruel , ou réveil d'une émotion de mon passé ...

si oui aux 3 , je l'exprime sinon je continue l'analyse.



15. vaincre un automatisme du passé .

~1. j'écris ma réaction le plus précisément possible . Par ex, j'ai crié « espèce d'idiote » .

~2. mes sentiments et tout ce que je n'oserais jamais dire à mon enf ..

~3. j'identifie le déclencheur ...qu'est ce que cela me rappelle .

Une fois que les motivations de ma colère sont identifiées, la fureur exagérée contre l'enf tombe .Quelques excuses et une discussion avec l'enf sur ce qui s'est passé et ce que chacun a ressenti = relation réétablie ;

16. vous avez commis l'irréparable ?

~ penser que ça l'est, empêche de restaurer la relation:pour réparer, 1e étape : prendre conscience de son geste ; si violence , s'accepter comme violent .( difficile car tendance à minimiser ou accuser l'enf ) .

~ ensuite, comprendre ce qui a réellement motivé notre geste .

~ puis prendre conscience de ce qu 'a pu ressentir notre victime ; plutôt que des excuses, besoin d'empathie et d'explications . Victime = droit d'être en colère contre nous , temps nécessaire pour prendre contacta vec ses émotions et oser les formuler , peur, blessure. Ensuite , nous pouvons lui expliquer ce qui s'est passé en nous.

~ explications = aideront l'enf à cesser de se sentir responsable de nos accès de fureur. . Echange suffisant à condition de vraiment mesurer la blessure , les émotions de l'enf sans chercher d'excuses ou se justifier .

~ important de prendre conscience de son attitude la plus courante dans ces circonstances .

~ chaque geste violent = blessure de l'enf et aussi de notre enf intérieur . Si proie d'une impulsion de haine, toujours le choix entre le message d'amour et le message blessant , fondamental de se souvenir de ce choix possible. Si sentiment de ne pas avoir ce choix de notre attitude face à l'enf ,si rage trop forte, urgent de consulter car situation grave.

17. je n'arrive pas à aimer mon enfant.

~ qque chose a fait ou fait encore obstacle à l'épanouissement de mon amour pour mon bébé. chercher l'obstacle .

° identification : quoi ou qui m'en empêche :

1. mon passé : je n'ai pas été aimé-e

2. ce n'est pas mon bébé, c'est celui de mes parents/de mes beaux-parents

3. conditions de sa conception ou de sa naissance

4. l'attitude de son père

5. difficile à aimer ( caractère, handicap )

6. je ne sais pas

°quelques  pistes pour lever le blocage :( se reporter au chiffre précédent)

1. exercice de guérison de l'enf intérieur

2. je place mentalement mes parents/beaux-parents face à moi et je m'entraîne à leur dire NON . Je reprends mon rôle de père/mère, c'est MON enfant, ce n'est pas le sien ou le leur , je parle à mon enf de la relation que je veux aujourd'hui . Nouveau départ pour un nouveau lien .

3. j'identifie mes sentiments, mes émotions, lors de la conception / naissance . J'accepte de les laisser s'apaiser en moi .

4. j'identifie ma colère contre mon conjoint , j'en prends la responsabilité car ce n'est pas juste de la laisser influer sur la relation avec mon enf.

5. à quoi sa différence, sa particularité me renvoie t'elle ? Est ce difficile physiquement, émotionnellement ? Pb avec mon image ? Est ce que je reçois suffisamment de soutien .

6. je continue l'introspection, Qu'est ce que je n'aimerais surtout pas découvrir ?

18. j'écris à mon enfant.

~ utile de commencer par lui écrire une lettre que nous n'enverrons pas .mettre sur papier= clarifier ses émotions pour sortir tout le venin pour laisser la place à l'amour qui viendra après .

°droit de lui écrire ma colère « je t'en veux d'être né , à cause de toi ...» 1e lettre je la brûle, puis une 2e puis une 3ejusqu'à ce qu'en me relisant je constate que toutes les accusations sont tombées et qu'en revanche je lis mes émotions.

° je lui raconte tout , comment les obstacles m'ont éloigné-e de lui , comment j'ai envie de rétablir le lien et d'apprendre à l'aimer.

° je prends ensuite la mesure de son vécu à lui « tu as dû te sentir terrorisé, abandonné ...»

~ j'accueille sa colère : étape fondamentale très inconfortable mais nécessaire

~ je rétablis le contact tendre: contact physique en peine conscience pour l'accueillir au fond de moi

~ je répare, je corrige : toujours possible de reprendre l'étape de développement.

Toujours temps de guérir du passé , en parler, le reconnaître , écouter les plaintes de son enf , ses frustrations mais aussi réparer , donner ce que vous n'aviez pas su donner. Contact physique, tendresse, mots doux, encouragements, permissions , protection , choix …

19. il m'accable de reproches.

~ « de toute façon tu ne m'as jamais aimé » : douche glacée pour le parent ! Adolescence : grand chamboulement hormonal , période de remaniement psychique , les blessures du passé, les émotions enfouies ressortent. Pas simple pour le parent de faire le tri, adolescents qui vont mal ont tendance à faire taire leurs émotions par toutes sortes de moyens ( scarifications, anorexie, boulimie, stupéfiants ...pour ne plus sentir la douleur )

~ parfois l'enf ne dit rien , jeune adulte fait des choix de vie à l'opposé de ceux de ses parents , éloignement physique, affectif, intellectuel, financier, moral …

~ lorsque enf adultes, influence des parents encore grande ( consciente ou inconsciente) leur comportement n'est pas sans raison : non-dits …

° au lieu de me défendre ou de me justifier, je tente de savoir ce qui se passe pour lui/elle . Comment ai-je aimé mon enf? à quel moment ai-je pu manquer d'attention à son égard qu'il aurait pu interpréter comme un manque d'amour à son égard ?

° aurai-je pu chercher à faire taire ses émotions plutôt que de les entendre ?

° à quoi ai-je obéi dans mes actes ?…

20. je parle à mon fœtus .

~ si vous n'avez pas su ou pas pu parler à votre fœtus, peu importe l'âge actuel de votre enf , exercice utile . Symbolisez – le ( peluche, coussin, dessin ) et placez-le face à vous, parlez d'abord à la jeune maman que vous étiez et parlez ensuite à votre fœtus . Travail de réconciliation avec vous-même . Sûrement changt dans votre relation avec votre "grand " enf…

~ preuves scientifiques : l'enf entend sa maman même si elle se contente de lui parler en pensée , il entend bien sûr si on lui parle à haute voix , il aime entendre la vibration des voix de ses parents . Parler à son fœtus utile pour lui et pour soi : mettre les choses à plat, oser se formuler l'indicible qui risquerait sinon de faire obstacle à une bonne relation avec le bébé et l'enf grandissant

° je parle à cette petite vie qui grandit à l'intérieur de moi . Je lui parle de tout, de rien, de moi, de lui, de mon histoire et de la sienne.

~ difficile ? Peur de ce que nous risquons de découvrir en nous que nous préférons parfois ne pas savoir . Normal d'avoir de sentiments ambivalents .Parer permet de regarder tout cela , de l'accepter, de le traverser pour ne pas en faire pâtir notre relation avec notre enf.

21. lui raconter sa naissance.

~ avant , utile d'écrire pour analyser , pour éviter de déverser des rancœurs , important de partager cette partie de notre histoire qui le concerne. Offrir une version digérée ...ou mieux "perlaborée " , dont nous aurons identifié et traversé les émotions , donné du sens plutôt que de livrer une douleur brute .

~ Écrire : suggestion : écrire en vrac l'avant, le pendant et l'après

° si vous êtes la maman…

comment je me suis sentie ?

Étais-je présente, vraiment présente ?

Comment ai-je vécu la douleur ?

Quelles étaient mes émotions ?

Comment je me suis sentie avec ce nouveau bébé ?…

comment ai-je partagé cet instant avec le papa ?

Qu'est-ce qui m'a manqué ? Etc….

° si vous êtes le papa ...

comment je me suis senti ?

Étais-je présent ?

Quelles étaient mes émotions ?

Ai-je le sentiment d'avoir accompagné ma femme ?

Comment je me suis senti face à sa douleur ?

Comment avons nous partagé ce moment ? Etc…

~ 3 étapes pour guérir le passé :

1. guérir de l'intérieur. Une fois la peur, la colère ou la tristesse identifiée , écrivez-la .Dites-la à une personne de confiance …

laissez venir les émotions, laissez couler vos larmes, vous n'avez pas besoin de ces émotions en vous, mettez les à l'extérieur , cela vous aidera à guérir.

2. restaurer le couple parental ( si possible ) .une fois le tri fait dans votre vécu , partagez le avec l'autre parent .Proposez lui de faire le même travail de son côté .

Les blessures, les sentiments refoulés lors d'une naissance n'altèrent pas seult la relation à l'enf mais celle du couple . La relation sexuelle peut s'en ressentir.

Si nécessaire une séance de thérapie de couple …

3. parler à l'enf. Une fois le travail de clarification et de guérison opéré pour soi, moment de réparation avec l'enf . En saisir l'occasion lors d'une émotion forte qui semble être en lien , lors d'un moment d'intimité autour de photos, d'un livre…

Partir du moment et du besoin d el'enf plutôt que notre propre envie d'en parler.

Parfois émotions trop fortes, présence d'un tiers souhaitable qui va diminuer les peurs autour de cet échange émotionnel et favoriser l'expression comme la réception .

22. il est toujours temps de réparer ses erreurs.

Quand un parent réussit à affronter son histoire comme cette maman qui témoigne : « En tant que mère, j'ai dû accepter de faire le deuil de mon image de mère idéale, accepter la réalité de l'échec. J'ai une responsabilité dans ce que sont devenus mes enfants . Ils ne me gratifient pas , ils ne sont pas tels que je les aurais voulus , ils n'ont pas pu le devenir, nous étions dans la même galère.»

Très autoritaire avec eux, elle reconnaît ses erreurs, elle regrette de n'avoir pas su se montrer plus tendre , d'avoir été si intransigeante . aujourd'hui elle les a perdus ...mais après avoir parlé avec eux , d'eux, d'elle, avoir reconnu sa part de responsabilité , exprimé ses regrets de ne pas avoir su faire autrement , elle s'est mise à leur écoute, elle a mesuré leur souffrance , elle a raconté son histoire personnelle ; aujourd'hui sa relation avec ses enf est très belle …

23. Faire le point .

~ questionnaire rempli en 1. au début de cette aventure intérieure. Au terme de ce livre, intéressant de vous observer par rapport aux mêmes questions . Comparez vos réponses et mesurez votre évolution …

~ bilan :

les réactions que j'aimerais avoir

ce que j'ai changé de plus important

ce que cela m'a apporté et à apporté à ma relations avec mon enfant

je me sens au contact de moi et de mon enfant




CONCLUSION :

~ à qui ça sert donc de se poser tant de questions ? Est-ce qu'un parent n'a pas tout simplement intérêt à agir avec spontanéité ?

~ à chacun de voir mais attention ! spontanéité = automatisme .

~ fantastique bénéfice en termes de qualité relationnelle et en termes d'efficacité . Attention aux réels besoins de l'enf , compréhension de ce qui se passe pour lui et moi, discussion de cœur à cœur = bien plus efficaces que privations et gronderies , attitude éducatives souvent comportements que nous voudrions bannir .

~ au nom de quoi continuer à blesser ceux qui nous sont les plus chers au monde ? Certes les enf mettront de la distance ne reprochant pas toujours directement aux parents ..mais surtout reproches à nous -mêmes .

~ se poser des questions, revenir sur sa propre histoire , décoder ses comportements = beaucoup d'efforts. Mais nos automatismes nous coûtent cher, faire la guerre à ses enf, dispendieux en temps et en énergie , détérioration de notre image de nous-mêmes .Très éprouvant pour le parent d'être mis en échec . Punir, humilier, taper, dévaloriser un enf = méthodes éducatives inefficaces .

~ observons nos débordements sans jugement = portes d'entrée vers nos souvenirs . Sous la gifle = blessure , sous les mots durs = un drame de notre histoire…

~ n'attendons pas une maladie, un accident pour nous rendre compte que la seule chose qui importe vraiment , ce sont nos liens aux autres, l'amour partagé . Le temps des enf passe très vite , jamais plus ils n'auront 5 ans, 6 ans, 10 ans, 14 ans .. seulement 20 années à passer avec eux sur nos 90 de notre existence...Chaque instant de bonheur= un instant gagné !

~ livre= pistes de réflexion , éclairage différent sur les conflits qui vous opposent à vos enf.

~ le plus difficile et le plus passionnant = accomplir votre propre plongée dans l'inconscient à la rencontre de vous même et de vos enfants.

- La formule magique d'une éducation parfaite? Il n’y en a pas! Chaque parent ne peut qu’apprendre à se faire confiance, piocher ce qui lui va dans la méthode positive, accepter des moments de craquage et créer sa propre recette, fusion d’outils bienveillants et de vie réelle.

- Marcel Rufo , célèbre pédo psychiatre : «Les parents d’aujourd’hui ont fait d’immenses progrès, ils sont beaucoup plus à l’écoute qu’auparavant, tempère-t-il. Tous veulent que leurs enfants soient heureux. Ils sont nombreux à culpabiliser ou à s’inquiéter de ne pas être parfaits, alors qu’ils sont déjà très bien!»

- réflexions de "la grenouille "…Eline Snel

« Vous êtes probablement un parent bien meilleur que vous ne le pensez .Vous êtes plus fort, mais aussi plus vulnérable , plus fou mais aussi plus courageux , et certainement moins parfait .Et en prendre conscience peut être apaisant »

« La tâche du parent n'est pas de modifier la constitution du jardin de l'enfant ou d'y planter ses propres plantes et ses propres fleurs .Vous devez seulement donner suffisamment de lumière , d'amour et d'eau »

- la réflexion de Christophe André psychiatre :

Nos enfants nous font grandir

Nous ne restons jamais les mêmes : l’humain que nous étions il y a 5 ou 10 ans n’est plus tout à fait celui que nous sommes aujourd’hui. La vie nous façonne. Les événements heureux nous donnent joie et énergie pour nous lancer dans de nouveaux projets, qui vont nous transformer. Les événements douloureux nous contraignent à nous arrêter pour comprendre, réfléchir, et voir comment changer. De notre mieux, nous nous nourrissons ainsi des coups et des caresses de la vie.

Mais, à mieux y regarder, on découvre que la plupart des événements qui dessinent notre existence sont à la fois agréables et contraignants : les études, le travail, la vie de couple. Et la parentalité...

Être parent, c’est à la fois agréable parce qu’émouvant, intéressant, réjouissant. Et à la fois pénible parce que fatigant, déstabilisant, contraignant. Certes, on regrette rarement d’avoir été parent : avec le recul, c’est toujours une belle aventure. Mais la parentalité au jour le jour, c’est une autre histoire, qui nous arrache souvent des soupirs et parfois des larmes. C’est peut-être pour cela que certains futurs papas se font un peu forcer la main par les futures mamans...

Pour ma part - et il me semble que c’est vrai aussi pour beaucoup de papas - la paternité est l’événement de ma vie qui m’a le plus transformé, le plus contraint à progresser, et le plus enrichi.

Lorsqu’on est parent, on traverse, entre autres, deux grands moments : le premier est celui où l’on sent que nos enfants, en grandissant, commencent à nous juger. Le moment où, nous observant, ils découvrent nos limites et nos défauts. Nous souhaitons bien sûr ne jamais les décevoir ; et bien sûr, nous les décevrons. Au moins une fois. Au moins de temps en temps. L’essentiel est de ne pas les décevoir constamment. Premier aiguillon pour la transformation...

Et puis, autre moment clé : celui où nous comprenons que nos enfants nous sont supérieurs, dans différents domaines et parfois dans tous les domaines ! Le moment où nous découvrons que nous pouvons apprendre d’eux, de leur intelligence, de leur générosité, de leur enthousiasme. Le moment où leur supériorité nous réjouit, et où nous avons l’humilité de nous mettre à leur école. Deuxième aiguillon de transformation parentale...

Finalement, c’est souvent comme ça, dans la vie : nous croyons donner, et nous recevons. Nous pensons éduquer, et nous sommes éduqués. Nous n’avons qu’à faire l’effort de suivre ce mouvement, décrit par le philosophe André Comte-Sponville : « Les enfants veulent grandir. Notre devoir est de les y aider, et pour cela, de grandir nous-même, au moins par l’esprit... »

Moralité : ne vous demandez pas seulement comment vous allez éduquer vos enfants, demandez-vous aussi comment eux vont vous éduquer... 


 PS : En écrivant cette chronique, je pense aussi à celles et ceux qui n’ont pas eu d’enfants. Qui n’ont pas pu, ou pas voulu devenir parents. Pour elles et pour eux, changer, se transformer sera peut-être plus confortable, car ils pourront décider de leur voie, de leur rythme. Mais le risque de ne pas changer sera aussi plus grand, car ils n’y seront pas contraints par la présence constante, dérangeante et stimulante des enfants. Efforts contraints ou efforts choisis, dans tous les cas, nous avons à travailler pour progresser !